Mésopotamie : apprendre les bases du cunéiforme

Née en Basse Mésopotamie, probablement vers 3300 J.-C, l’écriture cunéiforme est le système d’écriture le plus ancien connu à ce jour. Cette écriture a marqué la culture de nombreuses civilisations (Sumérienne, Akkadienne, Babylonienne, Assyrienne, Élamite…) et a participé au rayonnement politique, social et culturel du Proche-Orient ancien.

Sa découverte et son déchiffrement au XIXe siècle a permis de lever le voile sur une partie de l’histoire humaine longtemps oubliée, une histoire  qui n’était connue que par le biais d’anciens récits bibliques ou grecs.

Sur le plan épistémologique (plus précisément en histoire comparée) et archéologique (assyriologie), l’étude des textes cunéiformes oubliés (mis à part les textes traitant des opérations administratives et comptables) a mis en évidence, entre autres, l’existence d’un certain nombre de mythes et de légendes fondateurs qui ont été à l’origine des nombreuses « fabulations » et récits mythologiques que l’on retrouve aujourd’hui dans les textes religieux monothéistes (et même au-delà). Les plus connues sont certainement l’Épopée d’Atrahasis et l’Épopée de Gilgamesh (XIe tablette de la version de Ninive), où l’on retrouve des récits très semblables à ceux du Déluge et de la Genèse.
D’autres tablettes, non moins importantes, ont permis de redécouvrir des oeuvres littéraires sumériennes, comme La malédiction d’Akkad, dans laquelle on retrouve un certain nombre de patriarches qui ont certainement influencés, ou servis de modèles d’esquisse, pour fonder les personnages clefs des récits bibliques. Pour ne citer que quelques exemples : le Roi Enlil, dit Ilu en Akkadien (langue sémitique), roi des dieux et divinité suprême du panthéon mésopotamien, qui était probablement à l’origine du nom El, Eli, Elah, Allah, ou encore le Roi Sargon d’Akkad dont le récit de naissance ressemble très étroitement au récit de la naissance de Moïse :

« Ma mère était grande prêtresse. Mon père, je ne le connais pas. Les frères de mon père campent dans la montagne. Ma ville natale est Azupiranu [« ville du safran » ?], sur les bords de l’Euphrate. Ma mère, la grande prêtresse, me conçut et m’enfanta en secret. Elle me déposa dans une corbeille de roseaux, dont elle scella l’ouverture avec du bitume. Elle me lança sur le fleuve sans que je puisse m’échapper. Le fleuve me porta ; il m’emporta jusque chez Aqqi, le puiseur d’eau. Aqqi le puiseur d’eau me retira [du fleuve] en plongeant son seau. Aqqi le puiseur d’eau m’adopta comme son fils et m’éleva. Aqqi le puiseur d’eau m’enseigna son métier de jardinier. Alors que j’étais jardinier la déesse Ištar se prit d’amour pour moi et ainsi j’ai exercé la royauté pendant cinquante-six ans. »

Précision : Pour les lecteurs qui souhaitent approfondir leurs connaissances en histoire comparée, il serait intéressant de découvrir le travail de Georges Dumézil qui a réalisé un formidable travail de comparaison des mythologies.

Dans cette vidéo réalisée par la Maison d’Archéologie et d’Ethnologie, des assyriologues nous font redécouvrir cette écriture, facile et simple à lire, tout en expliquant ses origines et ses fonctionnalités :

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