Philosophie : pas de début ni de fin pour l’univers

Les mots que nous avons choisi pour décrire le fonctionnement de la vie et de l’univers faussent notre manière de comprendre la nature et les phénomènes. Une terminologie qui limite notre champ de vision et instaure des prisons de l’esprit. Des mots, pour la plupart, qui nous parviennent de certains concepts, philosophies et idées révolus.

Un bel exemple de cet endoctrinement : le concept du commencement, du début, que nous retrouvons dans de nombreuses doctrines créationnistes, voire même dans certains modèles cosmologiques.

L’être humain puise dans les principes anthropiques et les concepts anthropomorphistes pour façonner sa compréhension de l’univers et de la nature. L’esprit ne fait qu’organiser la pensée pour en trouver un sens, un réconfort. Chercher l’origine de toute chose devient un impératif, à l’image de l’enfant abandonné qui cherche désespérément ses parents biologiques. Mais ceci n’est qu’une image, l’Homme n’est pas abandonnée dans cette immensité comme « nous » avons voulu lui faire croire.

L’esprit devra penser loin des pendules du temps et des schémas mentaux pour concevoir d’autres réalités. Par exemple : pourquoi nous nous obstinons à vouloir trouver une cause originelle à la création ? La notion de début et de fin ne peut être définie que par rapport à l’observant. Mais véritablement, que savons-nous exactement du commencement et de la fin, de la naissance et de la  mort, au delà de la conscience sensitive ?

Selon le philosophe grec présocratique Anaxagore : « Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau ». Une idée qui rappelle fortement les théories de Sidney Coleman et de Ludwig Boltzmann sur la création de l’univers, la notion d’interdépendance des constances physiques, voire l’idée de l’interdépendance des phénomènes que nous retrouvons dans la philosophie bouddhiste. L’idée de la « vacuité », qui s’oppose à la notion du « néant » et qui se rapproche plutôt de l’état de l’« absence d’existence propre » est également intéressante à étudier dans la philosophie orientale : rien n’existe en soi ni n’est sa propre cause. En clair, s’il ne peut y avoir de créateur, l’univers ne peut être créé. Il n’a, dans ce sens, ni commencement ni fin.

L’idée d’inexistence d’un « début », d’une genèse, peut déranger l’esprit humain car celui-ci est habitué à façonner la réalité selon une logique sensationnelle basée sur les 21 sens recensés – il est généralement admis, depuis Aristote que l’homme possède cinq sens, ce qui est erroné et révolus. Malheureusement, on persiste encore à enseigner cette notion aristotélicienne, comme tant d’autres, à l’école.

Ceci étant dit, les sens peuvent nous tromper : le meilleur exemple est certainement celui de l’expérience de Galilée de chute des corps. Si vous laissez tomber une boule en bois en même temps qu’une boule en acier, vous verrez que cette dernière tombe à toute allure, alors que réellement, les deux boules tombent simultanément. Peu importe le poids des objets, ils tomberont tous simultanément en l’absence de frottement.

Il existe des centaines d’expériences qui peuvent « briser » notre conception matérielle de la réalité : illusions sonores, illusions optiques, expériences quantiques comme le Paradoxe EPR, méditations, DMT…Nos sens, ainsi que notre langage conventionnel, qui est basé sur l’expérience sensationnelle, sont inutiles pour comprendre ces phénomènes, pis, limitent/tronquent notre perception de la réalité.

La compréhension de la véritable nature des choses est importante à l’évolution de l’humanité.Si l’on pense hors espace-temps, hors des concepts et de la terminologie qui façonnent notre imaginaire et notre réflexion, nous pouvons comprendre qu’il n’existe, en réalité, que des moments de conscience : un changement continue des événements : une impermanence, et une seule constante, la conscience de l’instant.

Pour Heisenberg la réalité est « la fluctuation continue de l’expérience telle que la saisit la conscience. À ce titre, elle n’est jamais identifiable en son entier à un système isolé […] ». La réalité n’a ni début ni de fin, c’est un « moment » qui sort de la conception du temps et de l’espace.

Au final, déconstruire notre lexique et penser hors terminologie et hors langage est l’un des rares moyens que nous avons à notre disposition de percer les mystères de notre conscience et de notre réalité: la matière et la conscience sont de même nature.

Comment penser hors langage ? Peut-être devrions-nous d’abord commencer par l’élimination du concept du « moi » pour accéder dans un premier temps à la véritable conscience.  Quand nous abolissons l’illusion du « moi », nous accédons à ce qui constitue la vie. Notre manière de penser ne doit pas s’organiser autour de modèles car l’esprit doit regarder le monde sans conditionnement.

Quand le vide n’est pas compris, connu, la compréhension ne peut s’installer.

 

 

 

 

 

 

 

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