Les énergies renouvelables sont-elles vraiment bénéfiques pour les africains ?

Avant-proposComme pour chacun des autres articles de ce site, le discours qui suit est discutable. Les propositions qui figurent ici peuvent se voir contredites par des exemples provenant du Positionnement de la communauté scientifique envers le réchauffement climatique. Il ne s’agit que de pistes de réflexion et non d’une réflexion climatosceptique.

Parler de la problématique énergétique africaine peut s’avérer extrêmement difficile à la vue des particularités de chaque pays, de leurs spécificités et de leurs enjeux stratégiques et géopolitiques propres. Dans cet essai, nous tenterons de soulever quelques questions qui pourront emmener le lecteur à une nouvelle compréhension de la question énergétique et environnementale en Afrique. Nous verrons également en quoi l’utilisation d’une terminologie droit-de-l’hommiste et l’application d’une rhétorique   « ONGétiste » pourrait s’avérer catastrophique pour le développement futur de l’Afrique.

Généralités : l’accès à l’énergie

« L’accès à l’énergie est l’une des composantes essentielles du développement économique, social et politique ». C’est la première phrase que nous pouvons lire du rapport du Forum international sur les perspectives africaines. Ce petit rapport, comme tant d’autres, nous explique que le potentiel énorme en énergies fossiles du continent noir n’est pas exploité comme il se doit par les africains et qu’il faudrait envisager des mesures à grande et à petite échelle, comme le passage à l’énergie renouvelable, pour garantir un meilleur accès à l’énergie pour tous.

Dans de nombreuses études scientifiques et académiques, menées tantôt par des ONGs, tantôt par des gouvernements, des universités ou des multinationales, nous retrouvons systématiquement ces conclusions qui ne font que conforter l’idée d’un passage au « vert » :

  • Les énergies fossiles ne peuvent pas constituer une solution durable et fiable pour l’Afrique car la consommation domestique d’énergie dans beaucoup de pays africains reste extrêmement faible.
  • Les trois quarts de la production africaine du pétrole sont destinés à l’exportation. La faible capacité de transformation du pétrole brut oblige beaucoup de pays à importer au prix fort les produits pétroliers.
  • La disponibilité des combustibles naturels « biomasse » comme le bois et ses dérivés tend à diminuer à cause de la surexploitation.
  • La plupart des ménages africains vivent dans les milieux ruraux. Il est ainsi extrêmement difficile et onéreux de leur proposer des sources d’énergie fiables.
  • L’instabilité politique et les enjeux environnementaux ne favorisent pas le développement de sources énergétiques fiable.

En clair, l’offre énergétique dans le continent africain ne pourra pas être assurée et garantie avec les sources d’énergie conventionnelles comme le pétrole, les centrales hydrauliques ou le nucléaire. Ce sera une perte financière, écologique et stratégique pour l’Afrique.

Face aux divers constats « alarmants » de ces innombrables études, l’alternative serait de miser sur le développement des énergies nouvelles et renouvelables : le solaire, l’éolienne, le géothermique, etc.

Une autre grille de lecture 

A en croire ces organismes, dont l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, les énergies nouvelles en Afrique sont la seule voie vers une croissance durable.

Cette rhétorique est universellement acceptée et applaudie dans tous les forums internationaux. Mise en avant dans les plus grands journaux internationaux, et il devient de plus en plus délicat de la remettre en question.

Mais concrètement, peut-on réellement faire marcher des hôpitaux, 24h/24, grâce à l’éolienne ou au solaire ? Peut-on construire une économie compétitive demandeuse d’énergie en ne se reposant que sur ce type d’énergie?

Par comparaison, est-ce qu’un hôpital européen, par pur solidarité écologique (et nous reviendrons sur la question écologique plus tard dans l’article) accepterait de remplacer sa source d’alimentation énergétique fiable par des sources d’énergie nouvelles « sporadiques » ? Sans doute pas. Dans un futur proche, peut-être, si ces formes d’énergie évoluent suffisamment pour pouvoir proposer une énergie efficace. Mais aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Les sources d’énergie renouvelables ne peuvent pas assurer le développement économique de l’Afrique. Un hôpital ne peut pas dépendre d’une énergie volatile, et il en va de même pour une usine de production ou d’une université.

Pourtant, certaines ONGs américaines tentent de « vendre » le concept, comme à Haïti où l’on a construit le plus grand hôpital au monde alimenté uniquement pas énergie solaire. Coût du projet ? 25 millions de dollars, soit le prix d’un hôpital moderne clef-en-main sans parler des coûts de maintenance et de la durée de vie du panneau solaire qui est comprise entre 10 (thermique) et 30 ans (photovoltaïque).

Une chose est sûre, ce n’est pas demain que vous verrez un hôpital de ce genre aux Etats-Unis. Peut-être dans quelques décennies, mais pas demain.

Si vous regardez bien, les études effectuées sur le sol africain tendent à proposer exclusivement cette alternative énergétique. L’Afrique deviendrait-elle un terrain d’avant-garde ? On parle de drones et de ballons qui veulent connecter l’Afrique et réduire la fracture numérique, on parle des fermes géantes d’éoliennes et de panneaux solaires qui révolutionneront le secteur énergétique, on parle également de révolution verte en Afrique…Et les médias jubilent : l’Afrique montre l’exemple !

Mais, pourquoi ces pays, qui proposent l’aide aux africains, ne sont pas les premiers à utiliser ces systèmes ingénieux de ballons connectés à bas débit à la place de la fibre optique ? Pourquoi ne vont-ils pas démanteler leur parc nucléaire pour le remplacer par de l’éolienne?

Drone facebook

Ne cherche-t-on pas, par ces procédés dit « révolutionnaires » à garder l’Afrique non compétitive? Ceci permettrait, en plus de vendre des millions de produits et de machines « écologiques », de pérenniser encore le pillage de ses richesses fossiles et hydrauliques, d’écouler toutes sortes de marchandises et de s’assurer une mainmise économique et stratégique sur l’ensemble du continent.

Avant de proposer des solutions avant-gardistes, pourquoi ne finance-t-on pas la construction d’une centrale de raffinage, d’une centrale hydraulique ou même nucléaire ? Une solution radicale qui va créer une véritable révolution économique, sociale et technologique en Afrique. Mais qui voudrait d’une révolution économique et sociale en Afrique ?

Garantir de vraies sources d’énergie

Garantir une vraie source d’énergie, fiable et efficace, peut à elle seule sauver des millions de vies et assurer un niveau de vie confortable à de nombreuses populations. Ce n’est que grâce à l’énergie fiable que l’être humain a pu, pour la première fois de son histoire, accéder à ce degré de confort que nous connaissons aujourd’hui en Occident.

Mettons-nous d’accord. Il faudra bien entendu, et à terme, pouvoir développer les énergies renouvelables. En revanche, cela ne doit pas se faire au dépend des africains. L’Afrique n’est pas un terrain d’expérimentation. Il faudra développer dans le continent les sources d’énergie conventionnelles pour assurer au citoyen un niveau décent de vie, porter l’Afrique à un degré de développement semblable à l’Europe et ensuite seulement, nous pourrons parler de transition énergétique.

De même qu’une société ne peut pas faire la transition du monarchisme vers le communisme, voire l’anarchisme, car il lui faudra d’abord passer par le capitalisme pour atteindre un niveau de richesse suffisant pour créer psychologiquement chez l’individu un sentiment de confiance, de sasieté et de liberté permettant l’instauration naturelle d’une économie de partage (exemple du croundfounding), de même qu’une société pauvre ne peut pas passer aux 100% vert avant d’atteindre une autosuffisance énergétique qui permet d’éradiquer la précarité.

Certains partent du principe que les énergies renouvelables, « c’est mieux que rien », et ils ont raison. Mais à condition de lancer en parallèle la construction de plusieurs chantiers qui pourront réellement aboutir à un approvisionnement énergétique non sporadique.

Attention à « l’écologisme »

Malheureusement, il y a également une forme d’écologisme qui fait front contre le développement industrielle et énergétique en Afrique. Certes, la conscience écologique doit concerner tout le monde, mais l’écologisme façon « effet de serre/réchauffement climatique » ne doit pas aller dans un seul sens.

Cet écologisme alarmiste semble avoir un agenda, voire un rôle particulier : celui du gendarme qui fait la leçon à tous les pays en voie de développement. Pour ce lobby environnementaliste, l’idéal serait que tous les pays en voie de développement puissent opter pour les solutions écologiques.

 Marion cotillard Climat

Cette arme s’avère redoutable car il suffit qu’un pays commence à s’industrialiser et à entamer un premier essor économique pour que le lobby écologiste, mené par les grandes puissances économiques, sorte le carton rouge et tire la sonnette d’alarme à coup de conférences savantes et d’études orientées : selon une étude menée par le très respectueux CNRS, l’Afrique pourrait être à l’origine de la moitié des gaz à effet de serre de la planète en 2030 ! Photovoltaïque pour tous les africains donc, si l’on s’avise de lire entre les lignes…

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